A deux… c’est mieux !

 

Aussi loin que je me souvienne, seuls les hommes m’ont intéressé dans l’entreprise. Ce qu’ils pensaient, ce qui les motivaient, en quoi ils étaient tous différents, comment ils réagissaient, comment ils avaient envie ou pas de travailler ensemble, comment ça influençait le résultat… A HEC, j’ai détesté les cas fictifs et les cours théoriques, les matrices et la finance, mais j’ai pris plaisir en entreprise – dans la vérité des interactions – à comprendre ce qui pouvait nous motiver chacun, nous convaincre ou pas, nous relier ou non, et comment en tirer le meilleur parti. Là où l’intérêt individuel et l’intérêt collectif pour une fois se rejoignent et ne s’opposent pas.

 

Je me suis ainsi passionné spontanément pour le recrutement. D’abord en construisant mes propres équipes (marketing / études / marketing opérationnel), puis – DGA d’une agence de communication – en assurant l’ensemble des recrutements de l’agence en parallèle d’une fonction de développement et de réflexion stratégique. Parce que là était la clé d’une efficacité durable. En sachant d’emblée trouver ceux qui auraient envie naturellement d’évoluer dans le job et le contexte proposé. Sur ces bases simples, et cette conviction que rien ne remplace une juste adéquation naturelle, je mène encore quelques missions ponctuelles de recrutement pour des PME, autour d’une définition amont très précise de ce qui est recherché. Et surtout je forme au recrutement des équipes RH ou des managers, chez Orange, LVMH, TF1 ou dans les réseaux d’entrepreneurs de la CCI de Paris.

Ma deuxième compétence naturelle, c’était l’écriture et communication. J’ai toujours beaucoup écrit en effet, pour moi et pour les autres. Convaincu très tôt de la nécessité pour chacun de trouver une place au travail qui fasse sens pour lui, j’ai ainsi très vite refait les CV de tous ceux qui m’entouraient, leurs argumentaires et leurs lettres de motivations. D’abord amicalement, puis dans un cadre associatif, avant d’en faire un métier, ponctuel puis régulier. Un métier d’accompagnement, au service de l’autre et de ses objectifs, pour l’aider à franchir des caps et trouver au travail une place toujours plus juste. J’ai ainsi écrit un livre, avec Juliette Allais : « Trouver sa place au travail » (Eyrolles 2012 / Livre de poche 2015). En insistant bien sur le « sa », sa place propre, celle qui fait sens pour nous, où je peux exprimer ce que je porte de plus singulier.

Sur les questions de place au travail en effet, dès lors qu’on cherche à exprimer son potentiel, je crois au sens profond d’un accompagnement. Parce que ce sont toujours des questions complexes, avec des dimensions très personnelles et d’autres très concrètes, des attachements et des peurs, des contraintes et des réalités. Qu’il y a donc toujours des zones d’ombre, des « angles morts » dans nos regards et nos visions. Parce que la définition d’un positionnement propre suppose ainsi un recul difficile à trouver seul. Parce que la recherche d’une orientation alternative demande un regard très large sur ce qui est possible. Parce que changer de job demande des compétences en communication pas toujours faciles à mobiliser pour soi-même. Parce qu’on réfléchit mieux dans un cadre adapté, et que c’est plus agréable de ne pas être seul face à la difficulté…

Ni l’âge par contre, ni la position, ni le métier ni le cap à franchir ne sont déterminants, l’accompagnement individuel ne doit pas être réservé aux dirigeants, ni aux chômeurs de longue durée. Ce n’est pas un luxe réservé à une élite qui a le droit car les moyens d’optimiser sa carrière, ni un assistanat réservé aux plus en difficulté. Mon plus jeune client a 15 ans aujourd’hui, la plus âgée 72, il y a des dirigeants et des managers, des assistantes et des consultants. Et même des coachs, dans leur recherche de ce qui fonde leur singularité et comment l’exprimer au mieux. Ce qui crée le sens en accompagnement, c’est l’envie réelle de transformer en effet. L’intégrité dans la démarche. La capacité à prendre un minimum risques. Et aussi la qualité de la relation bien sûr…

Ce qui est certain cependant, c’est qu’il appartient désormais à chacun de faire le travail nécessaire pour trouver sa place juste. Si hier on pouvait encore laisser aux organisations qui nous employaient le soin de réfléchir et de décider à notre place, ce ne sera plus vrai demain en effet. Alors autant s’y préparer tout de suite !

D’autant que chaque parcours est important, et chaque conversion essentielle. Pour soi et pour le monde. Un homme ou une femme qui aime son métier, et prend plaisir à le faire, rayonne autour de lui en effet une énergie qui nous enrichit tous.

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